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Consultez les articles nombreux
consacrés à Charles Gonzalès, publiés
sur le
papier et sur internet.
EN PARTICULIER
SUR LE SPECTACLE
« Charles
Gonzalès devient Thérèse d'Avila »
de Charles Gonzalès
Du 1er mars 2006 au 22 avril 2006

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Publié
le 28 mars 2006
par Marie-José Pradez
« Charles Gonzalès devient Thérèse
d'Avila » |
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"J'ai
longtemps rêvé - et maintenant plus que
jamais - d'un spectacle longtemps préparé,
et qui ne serait représenté qu'une fois.
Face à la représentation unique d'une
grande oeuvre, il me semble que l'apport des acteurs
comme celui des spectateurs gagnerait en force, intensité
et justesse. Et peut-être que le théâtre,
alors libre de toute contrainte étrangère
à sa propre exigence retrouverait sa vocation
première : l'éphémère",
écrivait Maria Casarès.
Qu'il
joue Camille Claudel, Sarah Kane ou Thérèse
d'Avila, Charles Gonzalès n'oublie rien, manifestement,
de la grandeur de cette comédienne, sa marraine
de théâtre ; rien de sa puissance
d'interprétation, de son tempérament,
de sa viscéralité disciplinée du
jeu théâtral, de ses enseignements... A
chaque représentation, le même sentiment
d'urgence à la manière d'un funambule
admirable passant au-dessus d'un canyon... Le risque
toujours renouvelé et le souffle de la nécessité.
Je
suis allée voir ce spectacle déjà
plusieurs fois. Nulle sensation d'usure ni impression
de l'avoir épuisé. Comme un opéra
ou un oratorio, un tableau très grand, une statue
primitive, comme un coucher de soleil en Bretagne :
s'ouvrir, écouter, regarder, et ressentir jusqu'à
l'ineffable.
Aller
donc le voir devenir Thérèse, c'est rencontrer
cet éphémère. Mots sifflés,
soufflés, crachés, délicatement
déposés ou savourés. Corps tournant
sur lui-même en quête du ciel, crucifié
de désirs ou de souffrances, tendu vers l'Amour
comme la mère vers l'enfant, rampant sous le
poids de l'horreur. Fins rappels : El Greco,
Grüwald, Holbein, Vinci ou Le Bernin. Âme
s'exaltant pour l'érection de l'uvre dans
un renoncement de soi. Jouissances pour nousmêmes
de ce temps unique où nous sommes renvoyés
à la question de notre propre destin, notre finitude
et l'exploration de notre nature.
"J'ai
donné... Aimer avec ardeur... L'amour n'est jamais
oisif... Ô enfants des hommes ! jusques à
quand serez-vous durs de cur ? Que serait
une vie... ?"
Mots,
expressions, tensions, vibrations de l'artiste, capables
parfois de nous fracturer définitivement car
l'Art présent, subversif. Rencontre avec l'éphémère
pour n'être plus jamais tout à fait cuirassés
de sottise, d'indifférence, et de certitudes
douteuses...
Parce
qu'ici le Comédien par sa présence, son
flair, son instinct et son extrême conscience
de chaque élément de cette liturgie ;
par son sens profond de la révolte ; par
l'exaspération de la solitude et sa parole désespérée
mais rebondissante et vitale, nous offre dans cette
extase tauromachique le moyen d'accéder à
peut-être l'essentiel : sentir et comprendre,
en écho à des résonances lointaines,
ce qu'est aimer, souffrir, être libre et mourir.
Et toujours vouloir se connaître sans rien ignorer
de la ruse du diable : faire croire qu'il n'existe
pas, à ce que l'on dit.
Magie
du Théâtre et de l'Art, autorité
de l'Artiste authentique qui, sur l'échiquier
de la vie, privilégie son engagement passionné.
Joie pour celui qui grâce à lui est posé
un peu à côté de lui-même,
dès lors ouvert à de plus vastes horizons.
Beauté
de la lumière, des découpes, des ouvertures,
des jeux subtiles, avec l'ombre. Beauté de la
langue, du geste, du rythme et de la nuance, du mouvement
du corps, machine royale qui sculpte l'espace et en
noces avec l'esprit magnifie la vie...
Merci
à Charles Gonzalès qui, pour un moment,
réussit à ne pas nous faire trop regretter
JeanPascal ou Greg le Millionnaire !!!
Merci surtout à la Direction du Lucernaire qui,
confrontée à la société
du spectacle, manifeste son réel amour du Théâtre
par la qualité et la diversité de sa programmation.
Des
défis, des oeuvres, des talents, et une superbe
convivialité dans ce lieu.
Sainte
Thérèse, un petit miracle svp : permettez-nous
de vous entendre encore et encore dialoguer avec Alceste,
Célimène, Machiavel, Montesquieu et les
autres... Ne partez pas trop vite ! Laissez-nous le
temps de vous entendre et de vous aimer.
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-
Hélas, déjà la dernière
! -
Parmi les nombreux spectacles parisiens que j'ai vus,
cette Thérèse d'Avilla interprétée
par Charles Gonzalès sort de l'ordinaire et s'inscrit
comme un très grand moment de théâtre.
Une bande-son admirable, un texte éblouissant,
et une interprétation d'acteur de très
grande envergure. Je souhaite longue vie à cette
pièce et j'attends avec une impatience vive de
voir Sarah Kane dont j'imagine bien qu'elle sera à
la hauteur de Thérèse et de Camille Claudel.
Charles Gonzalès me touche à chaque fois
par la finesse de son jeu, et ses géniales inventions
de metteur en scène. Si l'on pouvait plus souvent
voir des spectacles de ce niveau, le théâtre
n'y perdrait rien et le public en sortirait, comme moi,
à chaque fois, remué, bouleversé
et grandi. Nora
écrit le 05/05/2006 par : zelia
-
Dubitative... -
J'avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dans
le jeu de l'artiste (peut-être m'en avait-on dit
trop de bien) : beaucoup de gesticulations, toujours
les mêmes, et cette voix qui monte et descend
dans une même phrase... bon, je sais être
difficile.
écrit le 30/04/2006 par : bellaubaine
-
Bravo! -
Tellement de choses ! De nos jours, cela fais plaisir
dentendre ce qui est dit ici. Une Thérèse
dAvila touchante dans son exigence et son combat
pour la vérité, sa volonté daller
à lessentiel. Charles Gonzalès crée
véritablement un personnage sans tomber dans
le piège de la caricature et nous fait partager
à travers sa personnalité la vie dune
femme qui aime ! Il opte pour une simplicité
élaborée à travers des lumières
belles et efficaces de Mohamed Maaratié dont
on reconnaît le talent, créateur des lumières
de Laurent Terzieff. Son évolution sur scène
nous fait voyager à travers lEspagne en
nous livrant un peu de lâme de cette femme
dans la démesure qui ne manque pas de toucher
le spectateur par ses propos universels. Un spectacle
profond qui ne peut laisser indifférent. Eric
Fros.
écrit le 22/04/2006 par : rikk
-
A ne pas manquer ! -
Ai-je bien vu ? C'est déjà fini le 6 mai
??? Ça fait vraiment court !!! Pourquoi avorter
un tel spectacle ? C'est vraiment du gâchis !!!
Courez voir Charles Gonzalès, il n'y en aura
pas pour tout le monde !!! Venez vite écouter
Thérèse d'Avila, elle a tant à
vous dire !!! Vous partagerez un moment riche d'émotions
intenses, avec tous vos sens en éveil !!! C'est
du Grand Théâtre servi magistralement par
Charles Gonzalès qui nous ouvre les portes d'un
univers fascinant et méconnu. J'ai decouvert
une Thérèse d'Avila que je ne soupçonnais
pas... Et j'ai envie d'en savoir encore plus ! Un grand
merci à Charles Gonzalès pour ce spectacle
tellement prenant, que l'on ne pense même pas
à applaudir quand il se termine ! J'espère
qu'il y aura une prolongation pour que ce spectacle
bénéficie de l'accueil du public qu'il
mérite !!! Marylène Géry
écrit le 21/04/2006 par : Marylène
-
De l'oxygène au sein de la culture de la médiocratie
et de la starisation de type industriel -
Merci à la direction du théâtre
du Lucernaire et à Jean-Paul Chagnollaud de permettre
au spectateur qui passe de salle en salle d'y rencontrer
réellement le Théâtre avec des textes
de haute intelligence ! des jeux d'acteurs variés
et divers qui jamais ne se nuisent ! des mises
en scène des plus positivement simples aux plus
somptueusement complexes ! Merci à Xavier Béjà,
Guillaume Orsat et François Perrin qui nous font
frissonner d'inquiétude dans Inconnu à
cette adresse : fatidique disposition folle
des hommes à se trahir, assez quodidiennement,
encore plus quand l'Histoire fait surgir ses fous maléfiques
pour mieux qu'ils se phagocytent ! Ah Goya, visionnaire
et éternel ! Le sommeil de la raison engendre
les monstres... Merci, merci à Jean-Pierre Andréani
et Jean-Paul Bordes dans leur Dialogue aux enfers
entre Machiavel et Montesquieu, qui invitent de manière
rieuse le public à une des grandes questions
de la philosophie : pour le bonheur des hommes,
conception réaliste du droit ou idéalisme
politique ? Pétillant de justesse et nourrissant
pour l'esprit. Quel tandem ! cela pédale et c'est
bon ! On peut même se sntir moins sots à
la sortie et vite, lecture du Prince. Euphorie des neurones
! Merci, trois fois, à Charles Gonzalès,
toujours à la hauteur de luimême
et de sa très haute exigence théâtrale,
qui comme un nageur à contrecourant défie
les programmations banales, spontanément consensuelles,
en offrant dans une petite salle qui lui va bien, la
splendide Thérèse d'Avila. Richesse d'un
donné à voir et à entendre qui
peut désarçonner les plus pressés
mais passionne, bouleverse et fait revenir ceux qui
aiment quand le texte s'allie à la puissance
des images, à la justesse raffinée des
lumières, au choix d'extraits musicaux du meilleur
goût jusqu'à la sublimité. Orchestration
sans faille par un metteur en scène intransigeant
sur la précision ni la qualité à
conquérir ! Force, dynamisme, rythme, panels
de nuances, diction étonnante et jubilatoire
pour les oreilles musiciennes et un public qui sait
bien que plus il est confronté à une grande
oeuvre, et plus c'est à lui d'essayer de s'en
rapprocher avec plaisir, passion et modestie. Et peut-être
se le dire à soi-même pour échapper
à la non-pensée, aux opinion ordinaires
posées trop hâtivement comme des vérités
absolues ? Quels moments Monsieur Chagnollaud nous faites-vous
passer dans votre théâtre ! Qu'il est bon
d'y venir, de s'y retrouver et d'y partager mets, vins,
paroles, gaietés et sentiments dans votre si
convivial restaurant ! presque un lieu de vie !
écrit le 13/04/2006 par : him
-
Une performance d'acteur. -
Vraiment, il s'agit d'une performance d'acteur ! On
en oublie parfois d'ailleurs d'écouter le texte.
Si tel est le propos, c'est donc réussi.
écrit le 12/04/2006 par : 2003anes
-
Déçus -
C'est un bel exercice d'acteur mais on reste sur sa
faim car on ne connait pas grand chose de Thérèse
à la fin ; on s'étend plus sur ses
maladies que sur sa rencontre avec Dieu, c'est dommage.
écrit le 06/04/2006 par : herve
-
Sans mot dire
Il y a un masochisme certain à mettre tant de
talent et d'acharnement à vivre, avec force et
conviction, le calvaire d'un personnage dégageant
aussi peu de sympathie et si peu à même
d'attirer la moindre compassion. Le jeu est exemplaire,
la performance incroyable... mais voilà :
est-ce bien raisonnable d'en arriver là ? Le
réalisme est à ce point crû que
nous en oublions toute pitié, si ce n'est celle
pour l'acteur tant il met de volonté à
se faire mal et à faire souffrir par la même
occasion son auditoire. La fin du spectacle est un cruel
point d'orgue, lorsque qu'abasourdi par tant d'incompréhension,
le public oublie d'en applaudir son artiste qui n'a
pourtant eu pour seul tort que celui d'être incompris
dans le choix de son sujet.
écrit le 03/04/2006 par : morreeuw
-
Une performance exceptionnelle ! -
Charles Gonzalès réalise en une heure
quinze une performance exceptionnelle ! Il incarne magnifiquement
Thérèse d'Avila donnant corps à
la définition qu'un prélat contemporain
donnait de cette grande mystique : "Quel
homme, cette femme !" Transportés dans
l' Espagne du 16e siècle,
nous assistons à la quête spirituelle de
Thérèse, qui après vingt ans passés
au monastère d'Avila, parcourt infatigablement
les chemins de Castille et d'Andalousie. uvre
réformatrice pour le salut d'autrui. Elle rencontre
et inspire Jean de la Croix. Comme un grand alpiniste,
avec une conscience suraiguë, suspendue à
une corde elle emprunte la voie radicale où se
heurtent avec violence les extrêmes : harmonie
et chaos, certitude et doute. Elle repousse les frontières
de la raison, toujours guettée par la folie elle
atteint par l'ascèse les sommets de la perfection.
Projetées sur l'écran des images contemporaines
révèlent en écho l'expression d'une
souffrance absolue. Enfermée dans un corps torturé,
elle accède à la transcendance en épousant
la passion du Christ. Charles Gonzalès prend
le parti de rendre visible le spectacle de cette sublime
transfiguration. Possibilité tendue à
chacun de s'interroger sur le sens à donner à
sa propre souffrance en participant à l'humanité
de cette Femme. Laurette Casal
écrit le 01/04/2006 par : lac
-
Un acteur capable de souffrir et d'aimer... -
Je retournerai voir Charles Gonzalès. Pour me
surprendre. Parce que cet acteur et metteur en scène
colle bien au personnage. Il traduit, par sa voix, par
son corps, tout entier, cet itinéraire de femme.
Il le fait avec une modernité et une liberté,
tout en respectant le destin de la grande Thérèse
d'Avila. J'ai vécu ce 7 mars 2006 comme un Événement.
J'ai découvert un Acteur capable de souffrir
et d'aimer. C'est beau. Anne-Marie Coutant
écrit le 27/03/2006 par : aim
- Bravo !
-
Voilà un formidable moment de théâtre...
comme on en souhaiterait plus souvent. Je reviendrai,
c'est promis, vous le méritez tellement. Vivement
Sarah Kane... et la trilogie dans son ensemble. Quel talent
! Merci monsieur !
écrit le 23/03/2006 par : titi92100
-
Etonnant ! Quelle modernité -
Comme Charles Gonzalès a réussi encore
à faire vibrer son personnage ! Après
Camille, Thérèse m'a touchée par
sa force de traverser les obstacles, par son refus des
schémas établis de l'époque. La
mise en scène qui établit un lien entre
hier et aujourd'hui en fait un spectacle très
vivant et émouvant. Encore bravo.
écrit le 15/03/2006 par : may
-
Thérèse d'avila -
Je suis encore sous l'émotion des mots, sous
l'émotion de l'âme de Thérèse
d'Avila... Venez àce spectacle et vous serez
dans un questionnement sur la religion, la vie et l'amour...
écrit le 15/03/2006 par : daniella
-
Charles Gonzales nous émeut encore... -
Après Camille Claudel, Charles Gonzalès
devient Thérèse et nous émeut toujours
autant dans la peau de ces femmes ambiguës, à
la fois si simples et si extraordinaires. Ce spectacle
moderne de par ses projections et ses éclairages
et aussi fidèle à la vie de Thérèse -
maîtresse, maîtresse-femme, maîtresse
spirituelle, infatigable épistolière,
infatigable voyageuse du siècle d'or - nous
entraîne pendant plus d'une heure à la
découverte de son "chateau intérieur".
Ne manquez pas cela ! Marie-Christine Vendel
écrit le 13/03/2006 par : sampott
-
Bravo Charles-Thérèse -
Voici une Thérèse tellement vivante et
réelle que je me suis senti obligé par
la qualité du texte et de l'interprétation
d'acheter un ouvrage la concernant. Le spectacle m'a
saisi et ma transporté hors du temps. Thérèse
a trouvé son héraut, merci Charles. Eric
écrit le 12/03/2006 par : ter
-
Étonnante interprétation -
Nous avons eu le plaisir de voir un spectacle où
l'interprète devenait, était devant nous
Thérèse d'Avila. C'est plus qu'une métamorphose,
il est et il ressent comme elle.
écrit le 12/03/2006 par : ANGELITA
-
Thérèse Charle ou performance théatrale
-
Quelle performance ! Quel texte ! Quelle vie ! Ah Thérèse...
si je pouvais te ressembler, si je pouvais m'approcher
de ta passion. Charles vous m'avez transporté
dans un univers où ensemble vous vous donniez
dans l'amour, elle de Dieu et vous du théatre.
Le texte que vous dites merveilleusement peut toucher
chacun. Votre mise en scène, remarquable par
le jeu des lumières de Mohamed Maaratié
et par la construction de votre espace plein de profondeur
et de force, m'ont fait vibrer. Ah Thérèse
!!!!! Que beaucoup vous entendent.
écrit le 10/03/2006 par : mat
-
Excellent comédien !! -
Très belle prestation et interprétation !!
il m'a captivé par sa sensiblité !! la
mise en scène les lumières superbes !!
écrit le 10/03/2006 par : teragram
-
Retour à l'âge d'or espagnol ! -
Grâce à Charles Gonzalès, je me
suis retrouvé plongé dans une époque
à la fois faste et trouble de l'histoire espagnole !
Période religieuse fondamentale marquée
par le retour au mysticisme, la recherche de la perfection
de la foi catholique et l'obscurantisme, le fanatisme !
Charles Gonzalès met en scène incroyablement
ce paradoxe : Thérèse risquant le
grill de l'Inquisition, et pourtant dévorée
d'amour, de la foi inébranlable d'une nouvelle
convertie. Quelle vie, la Pauvre ! Franchement
moi à sa place !!! Quelle force de Charles Gonzalès
sous son manteau-bure, suant eau et sang, mémorisant
un si long et si beau texte, si déchirant. On
avait tous mal pour lui ! Cette performance d'acteur,
à la voix grave, posée, où tout
est mesuré, m'a donné envie de prolonger
la pièce en me replongeant dans la biographie
de Thérèse ! Un caractère
porté par un metteur en scène ingénieux
qui a su, pour moi, allier la force de l'image contemporaine
au destin d'une simple nonne du seizième siècle,
devenue sainte. Une pièce qui nous offre des
propos universels. Quel acteur ! Merci ! Eric Viela
écrit le 07/03/2006 par : véric
-
C'est fou ! Pas de pub ! J'ignorais qu'il jouait... !
-
J'ai eu bien peur ! Et je suis sûre que son Public
ne le sait pas non plus ! Charles Gonzalès revient
nous voir, et avec un nouveau cadeau ! Après
Camille, Thérèse ! Et encore une
fois quelle descente, quel vertige, quel souffle ! Quel
rythme et quelles modulations ! Dynamique d'enfer
et chant d'amour, transverbération et spasmes
! Erotime ardent et transcendance sans bigoterie ! Quête
d'absolu et sublime simplicité liées à
l'abyssale interrogation sur le Mal toujours capable
de nous laisser à chacun de bien incandescentes
traces ! Echos en soi de chaque phrase, de tout
vers ! Les images sont terribles et nous inscrivent
réunis dans l'Histoire. Je suis sortie de là
charmée, abasourdie, émue jusqu'à
la moelle ! Et la musique ! Une heure quinze, offerte
à la salle toute pleine vibrante et réunie,
de vrai délice, conduite sur les routes d'Espagne
à folle allure, mêlant les accords de la
volupté à ceux de l'érotisme mystique,
les exigences de la volonté à la radicalité
des choix par-delà les excommunication du monde
! Quel travail d'acteur et de metteur en scène
et pour cela : merci ! Rien de bâclé
et sentiment de plénitude en sortant du théâtre !
Charles gonzalès succède sur la scène
à Laurent Terzieff et j'ai bien eu l'impression
que ces deux-là devaient être d'un même
village, d'un même esprit, pour avoir en commun
autant de talent et de présence, autant d'engagement
dans leur art ! Concession ni à l'insipide
ni au vulgaire ! Que ceux qui n'aiment pas la langue,
les mots, les chants d'amour et le duende restent bien
chez eux ! Que courent vite tous les autres pour vivre
ensemble ce moment unique à voir plusieurs fois
! Marie-josé Pradez
écrit le 07/03/2006 par : aim
- Curieuse
transfiguration -
Surprenant spectacle en vérité !...
Charles Gonzalès est, sous nos yeux, Thérèse
d'Avila. La crudité de ces propos peut surprendre,
mais l'analyse du sujet est si déroutante qu'elle
motive notre intérêt. La projection filmée
derrière le comédien renforçait son
approche atypique mais, je vous avoue, que certaines images
m'ont mises mal à l'aise ; je les ai presque perçues
comme "racoleuses". J'ai quitté le théâtre
en ayant l'impression d'avoir vu un spectacle intéressant
car en plus du travail apporté à sa réalisation,
il amène le public à réfléchir...
c'est une bonne chose.
écrit le 03/03/2006 par : brisat
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«
Charles Gonzalès devient Thérèse
dAvila » au Lucernaire
Incarnation
Par
Jean-Luc JEENER, mercredi 22 mars 2006
Née
en 1515, à Avila, Thérèse est
lune des plus grandes mystiques que lEglise
ait connue. Une femme de tête aussi, de raison
et daction puisquelle fonda, par sa seule
énergie, une petite dizaine de couvents. Charles
Gonzalès, comme il lavait fait avec Camille
Claudel, sempare de cette héroïne
de lEglise et en dresse un portrait saisissant
et parfaitement discutable.
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Charles
Gonzalès
à l'écoute de Thérèse
d'Avila.
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| CRITIQUE.
Gonzalès poursuit son projet de trilogie. Avant
Sarah Kane (que lon attend avec impatience) et
après Camille, voici donc sainte Thérèse.
Le résultat est beaucoup moins convaincant. Ce
qui était fascinant, dans le spectacle précédent,
cest quil touchait au coeur de lintime
de la folie de la soeur de Claudel comme personne ne
lavait fait auparavant. Ici, il a des idées
et donne limpression dêtre un peu
dépassé par le personnage génial
de la sainte. Sa mystique semble réduite à
une expérience de transcendance sexuelle. On
connaît lantienne et cest un peu court.
Gênant, aussi, ces projections systématiques
qui dispersent lattention et empêchent découter
les paroles sublimes de Thérèse. Reste
la performance extraordinaire du comédien seul
en scène. Il est formidable, mais ce nest
pas nouveau. |
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|
« Charles
Gonzalès devient Thérèse d'Avila »
Texte,
mise en scène et interprétation de Charles
Gonzalès.
Genre
: Contemporain
Le
sujet : Après "Charles Gonzalès
devient... Camille Claudel", Charles Gonzalès
consacre le deuxième volet de sa trilogie à
Thérèse d'Avila qui a mené un
combat incessant contre l'inconnu, pour le renouveau,
l'inspiration, la liberté et cet invisible
pouvant être rendu visible..
(Durée 1h10)
Les
avis :
Un
beau voyage
Charles Gonzalès est un homme grand, brun,
émacié, à la gueule carrée,
marquée, la chevelure abondante, un symbole
de virilité masculine.
Thérèse dAvila, est une femme,
Sainte, espagnole, une vie de souffrance consacrée
à Dieu.
Alors comment Charles Gonzalès peut-il devenir
Thérèse dAvila (comme le promet
le titre) tant est grand le contraste ?
Par un talent de comédien éblouissant
!
Pourtant le scepticisme est total lorsquau lever
des lumières, on voit devant nous apparaître
ce ténébreux gitan sorti de nulle part
dans une robe blanche immaculée ! Mais
comme les grands "performers" du théâtre
(Terzieff, Luchini
) Charles Gonzalès
incarne progressivement sous nos yeux (littéralement
et sans artifice) la Sainte, par lintermédiaire
des écrits quelle nous a laissés.
Comme un tambour dont la forme nous indifférerait,
il fait résonner en nous lesprit, les
propos, les doutes, les certitudes, dune mystique
qui a marqué son époque.
Car au-delà de la performance du comédien,
cest bien un voyage au cur dune
personnalité d'exception qui nous est proposé
Cest également la vision entr'aperçue
dune porte qui souvre sur la spiritualité
(au rendu parfois un peu confus) d'une Sainte.
Avec pour tout support un écran vidéo,
une corde, un tabouret, un bâton, Charles Gonzalès
devient bien Thérèse dAvila, la
promesse contenue dans le titre est bien tenue.
Lintéret de l'utilisation (heureusement
sporadique) de l'écran vidéo et d'extraits
musicaux est peu probant (elle perturbe la performance
du comédien plus qu'elle n'apporte quelque
chose), mais tout le reste (80 % du spectacle) est
à consommer sans modération pour notre
plus grand bonheur.
Du vrai, du grand, du beau théâtre, dans
une petite salle (120 places) confortable, et pour
un prix qui ne ruinera personne.
(Patrick Savey)
Un
pièce qui marque
Charles Gonzalès devient Thérèse
d'Avila. Charles Gonzalès est littéralement
habité par le personnage. Et ce n'est rien
de le dire. Il faut le voir pour le croire. Il semble
possédé dans le vrai sens du terme.
Ce corps d'homme, sans âge tellement il est
capable de le faire oublier, devient "le temple
de l'âme" d'une femme hors du commun. De
la fillette à la nonne, il incarne cette femme
pleine de vie ou dévastée par la souffrance,
physique et morale. C'est fascinant !
Il joue de sa voix puissante pour traduire ses tempêtes
intérieures, tour à tour grave et virile
ou légère et suave, ce qui donne au
texte un écho troublant.
Et pendant que l'acteur nous livre ses pensées
les plus intimes, ses doutes, ses peurs, ses croyances,
qui sont les réels écrits de la Sainte,
s'anime en toile de fond la violence des hommes (les
camps, la bombe atomique, les tours jumelles).
Cette évocation, à la fois dure par
sa provocation et belle dans sa mise à nue,
est faite sans complaisance. Et que l'on soit croyant
ou non, c'est une pièce qui marque les esprits,
une invitation à la réflexion.
(Nathalie Tschieret)
En synthèse
Après
« Charles
Gonzalès devient Camille Claudel »,
voici « Charles Gonzalès devient
Thérèse d'Avila ». Le
résultat est toujours aussi prenant.
|
Remonter
en haut de la page
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«
Nous ne sommes pas des anges. »
Charles
Gonzalès devient Thérèse d'Avila.
De
mémoire, dincongru pas encore tout à
fait digéré, daudace manquant
à imiter le culot de Charles Gonzalès,
risquons que le tableau qui introduit la pièce
est à peu près celui de Thérèse
dAvila dansant un slow sur Polnareff : ça
surprend autant. On cherche, on se torture les méninges
pour trouver la source littéraire, la thèse
novatrice qui viendrait au secours de notre pauvre
petite cervelle qui nimprime pas : rien à
faire, cette Thérèse-là on la
remet pas. On nous a peut-être simplement pas
présentés ; ça doit être
ça, faisons donc connaissance
Euh, et là, quest-ce quelle a la
dame ? Pourquoi elle met une noix de coco sous sa
robe sur son bas ventre, bien à lhorizontale
? Le site WWW.CHARLESGONZALES.COM
accueille en ces termes : la performance
est viscérale [...] un contact direct, à
la fois intellectuel, émotionnel et physique,
avec les besoins du public. Dans un triptyque, entre
Camille Claudel et Sarah Kane, Charles Gonzales met
à lhonneur Thérèse dAvila,
« rien quune femme », celle
qui « [meurt] de ne pas mourir ».
Il devient la vieille carmélite à qui
lon a demandé de raconter sa vie tout
en restant discrète sur ses actes les moins
glorieux. Mais la femme est entière, bien incarnée
en 3D, charnelle même ; elle a de lhumour,
ne manque ni de relief ni de tempérament :
elle ne pourrait pas taire les idées farfelues
de la petite fille quelle était, les
émois de ladolescente et les désirs
de la jeune femme. Elle ne serait pas sincère
non plus si elle taisait l'emmerdement à lasile
des religieuses, lagacement provoqué
par un jeune prêtre prétentieux quelle
baptise son « petit Sénèque ».
Elle ne se croit pas très intelligente, bête
pourquoi pas, et ne comprend pas tous les bouquins
quelle dévore. Vivre en demi-mesure l'écoeure :
les sentiments sont violents, la voix porte. Elle
éprouve le besoin profond de remplir sa vie
et tous les moyens ne sont jamais assez ; il reste
toujours un vide qui la torture.
Charles
Gonzalès déploie des trésors
de tendresse et de virilité pour restituer
les angoisses dune âme, lintransigeance
dune femme assez consternée par elle-même,
mais attachée à trouver le mysticisme
dans son humanité, sans abstraction dogmatique
ni théologie plutôt absents de la pièce.
On est loin de la figure éthérée
des saints. Pour reprendre les termes employés
sur le site de la compagnie, on assiste à un
mélange de contradictions : mystique et réaliste,
malade et forte, féminine et virile, contemplative
et manieuse daffaires, une écrivaine
de génie « sans lettres » !
Pendant
des décennies, Thérèse connaît
les souffrances et les humiliations dune maladie
incurable : elle a toujours « la sensation
quune musaraigne [la] bouffe par le cul ».
Charles Gonzalès révèle habilement
le langage crû, le caractère emporté
de la femme, dautant plus touchante que le comédien
se démène avec le corps meurtri de Thérèse
comme ce champs de ruines incendiées, cette
explosion nucléaire qui déferlent sur
linstallation vidéo. Après une
vision ou un soulagement temporaire, ces métaphores
renvoient aussi aux sentiments de petitesse et dabandon
éprouvés en plein crash de retour à
sa condition. Les illustrations sonores, les images
sur le mur du fond de la scène étonnent
autant quelles soulignent la modernité
du personnage. La même Thérèse
qui se fait répéter, à la fois
ignorante et énervée, le mot oraison,
cellelà encore qui désire un prêtre
toute une nuit pour le détourner dune
amante, a été accusée dilluminisme
contre la foi catholique puis déclarée
docteur de lEglise
Charles Gonzalès
assène, malicieux et grave à la fois,
quelque chose du genre : « [Et toutes ces religieuses],
elles peuvent bien aller se faire foutre ailleurs
: un Pater et un Ave leur suffiront. » Le comédien
raconte avec ironie le partage de la dépouille
enterrée couverte de chaux et retrouvée
en parfait état de conservation, la poitrine
magnifique, les seins parfaitement droits : tractations
secrètes, lun aura le bras, lautre
la mâchoire et ainsi de suite
On remercie
Charles Gonzalès davoir rendu à
la Sainte lisse ses traits de femme.
Marie
Aguettant
Paru
le 14 mars 2006
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« Charles Gonzalès devient Thérèse d'Avila »
de Charles Gonzalès
Mise en scène de Charles Gonzalès
Vite
au théâtre du Lucernaire ! Allons-y,
nous nous y retrouvons ! Charles Gonzalès nous
offre, avec son exceptionnelle générosité
dhomme et dacteur, son deuxième
amour : Thérèse dAvila, ni bigote
ni éthérée, ou lhistoire
dune petite femme... celle dun cur
ardent...
Elle est ravissante, elle est coquette, elle saime,
elle séprend de lAmour comme on
séprend dun homme et comme elle
est jeune et que le loup nest pas loin, la voilà
au couvent ! Ah la chaleur de lEspagne ! Le
soleil, les émois du corps, la fête et
lenvie den jouir, la vie des sens ! Ah
papa ! 1522 : le couvent et la clôture, Avila...
Mais elle ny est pas si mal, et le mariage lui
faisant peur, laliénation des femmes,
elle prie
et prie si bien, malgré ou
grâce aux tiraillements de son corps tyrannique,
malade mais volontaire, elle accède à
lIncroyable... : de lEros charnel à
lEros mystique. En exil dans la vie, elle devient
lEpouse, la Bien-Aimée, celle prête
à mourir pour Lui. Elle entend l'Epoux qui
la prend toute entière, le Bien-Aimé
qui par le chant profond de LAmour lamène
à se sublimer.
Réforme
de lordre, opposition au pouvoir, contestation
de la règle, risque du bûcher de lInquisition
pour illuminisme. Femme dangereuse qui met en question
lordre établi, sautorise à
aimer, proclame la vérité, recrée
un espace très strict mais sacré pour
mieux servir en toute liberté le Désiré.
Teresita, quelle femme est-elle en traversant lEspagne
à dos de mule, exposée à tous
les dangers pour fonder ses monastères, sans
argent, mais avec Dieu, sans moyens mais avec ses
filles quelle insuffle de sa sidérante
énergie ! Joie, danses, chants de femmes du
plus profond des entrailles et tambourins de soie
! Désir et volonté, patience, humilité
et vigueur du taureau ! Une uvre colossale et
des écrits somptueux pour guider ses nonnettes
! Rencontre avec les plus grands esprits, dont Jean
de la Croix à la poésie sublime et pour
finir, en 1782, délivrée de la vie,
sortie de son exil, puis hissée au rang des
saintes sublimes ! Et comment !!!
Charles
Gonzalès avait déjà suffoqué
ou laissé pantois tous ceux et toutes celles
qui avaient su quil devenait Camille Claudel.
Emotion extrême du jeu théâtral,
finesse de linterprétation, descente
dans le désespoir dune femme et artiste
incroyablement trahie. Avec Thérèse,
son public retrouve son sens du tragique conjugué
par touches délicates à la drôlerie.
Charles Gonzalès, plus danseur, continue de
lui offrir une puissance de jeu et une expressivité
majeure servant un texte flamboyant littéralement
respecté, à la fois rugueux, subtile
et poétique sur un jeu de lumières dune
très grande intelligence sensible. Il renouvelle
pour lui ses inventions de metteur en scène
et de compositeur gérant avec maîtrise
la projection dimages puissantes, loccupation
de tout lespace, une dynamique dactions
sans brisure, et un rythme dosant savamment ralentissements
et brusques reprises de la voix et des gestes. Déploiement
sans réserve dun Art ! Musiques très
belles ou heureusement décalées, beauté
dune langue retrouvée dite de manière
si dentelée ! Gestes les plus fins, à
la manière du Butô, porteurs de sens
! Images projetées sur le bleu du ciel ou lespace
de la pureté, le gris de lHistoire ou
le rouge de lenfer : puissantes sans voyeurisme
ni saturation. Réalistes, symboliques et définitives
! Et le cur mis à nu. Et toujours cette
question fondamentale à laquelle seuls les
sots, les paresseux ou les peureux se dérobent
: quest-ce que vivre ? Interrogation dautant
plus urgente que le Mal, et peut-être le Diable,
paraissent avoir une bien bonne santé, non
?
Une
émotion garantie. Un Artiste authentique de
grand talent. Un texte très dense, très
clair, de cette haute tenue qui réjouit loreille,
la raison et lâme. Venez seul(e) ou entre
ami(e)s et passez-vous le mot... Vous serez content(e)s
car Thérèse vous parlera de vous, et
avec quels mots, quelle douceur et quelle force...
Marie-José
Pradez
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